samedi 6 août 2016







 Quintils d'été





Pablo Picasso    




J’ai glissé mes pas
dans l’ombre des nuages
sans rien déplacer
sans laisser de traces
sans perdre de pensées

Je regarde mes pieds
et marchant toujours
je compte mes pas
comme meurent en silence
les ors d’insatiables lumières

Je vais au pas de rêves
insoumis et muets
aux couleurs odorantes
de la vie qui s’éteint
de la mémoire perdue

Je vais par des chemins
couronnés de poussière
dans la geste de branches
embarrassées de jours
éclaboussées de vents

Je creuse mon sillage
dans le silence des nuits
accompagnant les vents
à l’ombre des étoiles
à l’ombre de mes pas





shg 07/2016









lundi 28 mars 2016






Strophes des lieux où s'asseoir
 
 
 
 
 
 
                  "L'homme au turban"                                     Van Eyck                 1433                   
 
 
 
strophe1
 Je suis assis au bord des sables
chantant la mort et les baisers
à l'heure où le ciel embrasé
m'offre portrait reconnaissable
de l'avenir couleur de fable
  
strophe6
Je me suis assis au bord des cris
au bord des guerres et des drames
j'ai joué j'ai perdu mon âme
j'ai maintenant le cheveux gris
ce que j'aimais on me l'a pris
 
 
 
 
 Aragon
"Le fou d'Elsa"
(extrait)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 9 mars 2016






Corail








Max  Gasparini



 


Il s'alarme à l'idée que le regard appris,
il ne reste des yeux que l'herbe du mensonge.
Il est si méfiant que son auvent se gâte
à n'attendre que lui seul.
Nul n'empêche jamais la lumière exilée
de trouver son élu dans l'inconnu surpris.
Elle franchit d'un bond l'espace et le jaloux,
et c'est un astre entier de plus.



René Char
"Les matinaux" 









dimanche 28 février 2016







Et voici un an que ma mère
a quitté  ce monde.
Un an que je lui dédie ces bribes de poèmes
et ces bribes de peintures.
Célèbres ou inconnus peu importe.
 Merci à tous ceux qui transfigurent 
la souffrance en art 
au lieu de faire souffrir.   
Ma mère disait que seul l'art 
fait pardonner à l'homme d'exister.
Je ne pense pas autrement.






étude                                                                                                 Irvin Rodriguez






C'était un temps de nuit et de nécessité
de saisons mal famées et de robes fanées
chacun savait le nom des chaînes
nul ne livrait son nom
et la mort des semaines lentement s'égrenait
dans les maisons des fous



Tristan Cabral 
"1984" 













vendredi 26 février 2016







Ô ma jeunesse
 
 
 
 
Portrait d'Emile Zola                                   Edouard Manet
 
 
 
 
 
Ô ma jeunesse abandonnée
comme une guirlande fanée
voici que s'en vient la saison
et des dédains et du soupçon
 
Le paysage est fait de toiles
il coule un faux fleuve de sang
et sous l'arbre fleuri d'étoiles
un clown est l'unique passant
 
 
 
Guillaume Apollinaire
"Alcools"
(extrait)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

jeudi 25 février 2016






Pour en finir
 
 
 
 
 
"automne"                                                                       shg
 
 
 
 
 
Je suis né d'une erreur du vent et de la mer
c'est pourquoi j'ai vécu au rythme des marées
poisson-lune égaré sur un chemin de terre
je n'ai fait que passer sans pouvoir respirer.
 
 
 
Tristan Cabral
"Le passeur de silence"
(extrait) 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 24 février 2016







Au pas des arbres


 
Léo-Vinh   Beauvois




Suis-je seul à entendre
les cris stridents de la lumière
qui me réveillent le matin
pour me faire voir
les mâchoires d'un monde affamé
s'ouvrir d'un horizon à l'autre.




Frank Holden
"Au pas des arbres"
(extrait)